Publié le 9 octobre 2026

Sélectionner un locataire ne consiste pas à retenir automatiquement la personne qui gagne le salaire le plus élevé. Une candidature solide repose sur plusieurs éléments complémentaires : des habitudes de paiement vérifiables, une capacité financière appréciée avec prudence, des références pertinentes et des renseignements cohérents. Le propriétaire doit également respecter la vie privée des candidats et éviter toute discrimination.

Au Québec, ces exigences ont des conséquences pratiques. Une vérification de crédit nécessite le consentement du candidat, la collecte de renseignements personnels doit rester limitée à ce qui est nécessaire et certains motifs de refus sont interdits. Des pratiques différentes existent dans les autres provinces canadiennes : les règles québécoises présentées ici ne doivent donc pas être transposées automatiquement ailleurs.

Une méthode de sélection efficace organise les vérifications avant la décision, traite les candidatures de manière comparable et conserve uniquement les informations utiles. Elle permet de réduire les incertitudes sans prétendre éliminer tous les risques de paiement, de conflit ou de départ anticipé.

Sélectionner un locataire : les points essentiels

  • Évaluer la capacité de paiement et les références locatives plutôt que se fier uniquement au revenu déclaré.
  • Appliquer des critères pertinents et non discriminatoires, avec des vérifications proportionnées et autorisées.
  • Terminer les vérifications avant de confirmer la location et prévoir un suivi organisé des loyers dès le début du bail.

Pourquoi un salaire élevé ne garantit-il pas toujours une location sans difficulté ?

Un salaire élevé ne garantit pas le paiement régulier du loyer, car le revenu ne révèle ni l’ensemble des engagements financiers ni les habitudes de paiement d’une personne. Un propriétaire doit distinguer la capacité financière apparente, la régularité des ressources et les antécédents locatifs vérifiables, sans déduire automatiquement un risque de la profession ou de la situation personnelle.

La capacité de payer dépend des ressources effectivement disponibles pour assumer les dépenses du ménage. Deux personnes disposant d’un revenu comparable peuvent avoir des obligations financières différentes. Cependant, le propriétaire ne dispose pas d’un droit général d’exiger le détail des dettes, des pensions alimentaires ou des opérations bancaires d’un candidat.

Le revenu brut ne constitue donc pas un indicateur suffisant. Un montant annoncé doit être interprété avec son contexte, sans transformer cette analyse en collecte excessive de données personnelles. Une personne travaillant à son compte, recevant des commissions ou occupant un nouvel emploi peut disposer de ressources suffisantes même si ses revenus ne prennent pas la forme d’un salaire fixe.

À titre d’exemple hypothétique, deux candidats annoncent chacun un revenu mensuel de 5 000 $. Le premier dispose d’un historique locatif régulier vérifiable, tandis que le second n’a jamais loué de logement. Cette différence ne justifie pas automatiquement d’écarter le second : elle signifie seulement que les informations disponibles ne sont pas de même nature.

Au Québec, la Commission d’accès à l’information précise les possibilités de vérification et les limites de collecte. Ses balises sur la signature d’un bail et les renseignements personnels indiquent notamment qu’une enquête de crédit nécessite le consentement du futur locataire. Une pièce d’identité peut être présentée pour vérification, mais ne doit pas être photographiée ou copiée dans ce contexte.

L’absence de dossier de crédit ou d’historique locatif n’est pas une preuve d’insolvabilité. Le candidat peut présenter d’autres éléments appropriés, notamment une attestation de crédit, une recommandation ou des documents attestant la régularité de paiements.

Cette distinction conduit à privilégier une analyse complète mais proportionnée, dans laquelle chaque renseignement demandé répond à un besoin précis.

Comment analyser un dossier locatif de façon méthodique avant de prendre une décision ?

L’analyse méthodique d’une candidature consiste à vérifier successivement les renseignements nécessaires à l’identification, les éléments pertinents concernant le paiement du loyer et les références autorisées, puis à documenter la décision. La même démarche doit être proposée aux candidats comparables, avec des adaptations lorsque leur situation exige des preuves alternatives et sans collecte excessive.

La première étape consiste à établir les critères utiles avant de recevoir les candidatures. Ces critères doivent concerner les obligations du bail et non les caractéristiques personnelles protégées. Le propriétaire peut notamment organiser son examen autour de trois questions : les renseignements fournis sont-ils suffisamment vérifiables, les obligations financières peuvent-elles raisonnablement être assumées et les références disponibles éclairent-elles la conduite locative passée ?

Un dossier de sélection peut être organisé selon la grille suivante :

Grille qualitative d’analyse d’une candidature locative
Dimension Éléments pertinents Précaution
Identité Correspondance entre l’identité déclarée et une pièce présentée Ne pas conserver une copie de la pièce d’identité
Capacité de paiement Informations nécessaires et justificatifs appropriés Ne pas exiger systématiquement des relevés bancaires complets
Historique locatif Références vérifiables, régularité des paiements Recueillir le consentement avant de contacter les références
Cohérence Concordance des dates et des informations pertinentes Demander une clarification avant de conclure à une anomalie
Décision Motifs factuels liés aux obligations locatives Exclure les motifs discriminatoires

La vérification des références demande une attention particulière. Une personne indiquée comme ancien propriétaire doit pouvoir être identifiée de manière raisonnable. Lorsque des coordonnées sont incertaines, une confirmation par des moyens appropriés peut être recherchée, sans multiplier les contacts ou consulter des informations sans nécessité.

Il est également utile de comparer les dates et les déclarations pertinentes. Si un candidat remet volontairement une lettre d’emploi ou une attestation de paiement, les informations peuvent être rapprochées de celles déjà communiquées. Des documents supplémentaires ne doivent pas être exigés simplement pour constituer un dossier plus volumineux.

La conformité de la sélection est aussi importante que la qualité des vérifications. La campagne À louer sans discrimination de la Commission des droits de la personne rappelle que l’origine, l’âge, la présence d’enfants et la condition sociale ne peuvent constituer des motifs discriminatoires de refus.

Une procédure identique sur le papier ne suffit d’ailleurs pas si elle désavantage indirectement certaines personnes. L’absence de crédit canadien, par exemple, doit pouvoir être appréciée au moyen d’autres justificatifs appropriés.

Checklist pratique pour examiner un dossier locatif

  1. Définir les critères liés aux obligations du bail et produire une fiche d’évaluation sans critères discriminatoires.
  2. Recueillir uniquement les renseignements nécessaires et établir une liste des informations effectivement obtenues.
  3. Obtenir les consentements requis avant les vérifications et conserver une trace de leur portée.
  4. Contrôler les références pertinentes, relever les informations cohérentes ou à clarifier et rédiger une synthèse factuelle.
  5. Consigner la décision motivée dans une fiche de conclusion en respectant les obligations de confidentialité et de conservation des renseignements.

Cette méthode prépare également la comparaison entre plusieurs dossiers solides, situation dans laquelle la prudence et la cohérence deviennent déterminantes.

Deux bons candidats : quels éléments utiliser pour faire un choix cohérent ?

Lorsque deux candidats présentent des dossiers satisfaisants, le propriétaire doit comparer les informations pertinentes à l’exécution du bail, notamment les habitudes de paiement documentées et les incertitudes restant à clarifier. Une décision cohérente repose sur des critères définis à l’avance, sans privilégier automatiquement le revenu supérieur, l’ancienneté professionnelle ou une caractéristique personnelle protégée.

Une grille de comparaison peut distinguer la disponibilité des preuves et les éléments effectivement vérifiés. Il faut toutefois éviter de transformer une appréciation qualitative en score pseudo-scientifique : aucune pondération universelle ne permet de prédire avec certitude le comportement futur d’un locataire.

Considérons deux candidatures fictives. La première présente un revenu stable et un historique locatif documenté. La seconde indique un revenu plus élevé, mais ne possède pas d’ancien bail pouvant servir de référence. Le propriétaire ne peut pas conclure que le second candidat est moins fiable. Il peut chercher, avec son consentement, une preuve alternative adaptée à sa situation.

Le tableau suivant illustre une méthode de comparaison sans notation arbitraire :

Comparaison hypothétique de deux candidatures recevables
Élément Candidat A Candidat B
Informations financières Ressources régulières documentées Ressources variables documentées
Références locatives Ancien propriétaire joignable Première location, aucune référence locative
Autres éléments appropriés Historique de paiements confirmé Attestation de crédit fournie
Point à clarifier Aucun élément substantiel identifié Portée des documents présentés

L’historique locatif constitue un renseignement utile, mais les sources institutionnelles présentées ne démontrent pas qu’il prédit systématiquement mieux les impayés que les revenus. La décision doit donc s’appuyer sur la solidité des éléments disponibles plutôt que sur une hiérarchie présentée comme scientifiquement établie.

La notion d’adéquation au logement demande également de la prudence. La présence d’enfants, la situation familiale ou des hypothèses concernant la durée future d’occupation ne sont pas des critères permettant d’exclure arbitrairement une personne. Un projet de déménagement éventuel n’autorise pas davantage à contourner le droit au maintien dans les lieux.

Si les dossiers demeurent difficiles à départager, le propriétaire peut rechercher une clarification supplémentaire pertinente auprès des deux candidats. Il doit éviter de multiplier les exigences pour l’un sans justification objective.

Une différence documentaire inexpliquée conduit ainsi à approfondir le dossier, mais ne doit pas être confondue avec un défaut de fiabilité établi.

Quels signaux doivent conduire à approfondir la vérification d’un dossier locatif ?

Une incohérence entre les renseignements fournis, une référence impossible à confirmer ou une information essentielle restée ambiguë peuvent justifier une vérification complémentaire. Ces éléments ne prouvent toutefois ni fraude ni incapacité de paiement. Le propriétaire doit demander une explication ciblée, utiliser des moyens proportionnés et distinguer les anomalies réelles des situations personnelles parfaitement légitimes.

Les signaux utiles concernent d’abord la qualité et la cohérence des informations. Une différence de dates entre deux attestations, des coordonnées professionnelles inexactes ou une référence qui ne correspond pas à la personne annoncée méritent une clarification. Il peut s’agir d’une erreur matérielle, d’une information ancienne ou d’un problème plus sérieux.

Une demande d’emménagement rapide n’est pas, à elle seule, suspecte. Une mutation professionnelle, une séparation ou une situation résidentielle imprévue peuvent expliquer cette urgence. Il ne faut pas utiliser ces circonstances personnelles comme motifs automatiques d’exclusion.

Pour les documents volontairement présentés, l’examen peut porter sur leur concordance et leur provenance. En présence d’un doute sur une lettre d’emploi, une confirmation proportionnée peut être envisagée avec l’autorisation appropriée. L’analyse ne justifie pas d’exiger des historiques bancaires complets ni de mener une investigation générale dans la vie privée.

L’absence de références traditionnelles ne constitue pas une anomalie. Un nouvel arrivant au Canada, une personne ayant longtemps vécu chez ses proches ou un candidat louant pour la première fois peuvent ne disposer d’aucun ancien propriétaire à contacter. D’autres documents appropriés peuvent permettre l’évaluation.

Une démarche utile consiste à distinguer trois situations :

  • Information cohérente : aucun approfondissement supplémentaire n’est nécessaire sur cet élément.
  • Information incomplète : demander une précision limitée à la question concernée.
  • Contradiction substantielle : permettre au candidat de s’expliquer avant d’apprécier les conséquences de l’incohérence.

Les principes québécois de protection des renseignements personnels imposent une limite essentielle : l’obtention du consentement ne rend pas automatiquement nécessaire ou autorisée toute information demandée. Chaque collecte doit répondre à une finalité liée à la candidature.

Une fois les points sensibles identifiés, l’ordre des vérifications devient un facteur d’efficacité : les démarches les plus intrusives ne doivent pas être déclenchées trop tôt ni réalisées après une confirmation de location.

Quand effectuer chaque vérification pendant le processus de sélection d’un locataire ?

Les vérifications doivent être effectuées progressivement, avant la décision définitive et la signature du bail. Une première prise de contact permet de préciser les conditions objectives de la location, puis les informations nécessaires sont examinées et les références autorisées sont vérifiées. Cette séquence limite les démarches inutiles et réduit les risques de décisions prématurées.

La préqualification sert à confirmer les informations directement liées au logement : disponibilité, date souhaitée de prise de possession et conditions annoncées. Elle ne doit pas devenir un entretien intrusif portant sur la famille, l’origine ou d’autres caractéristiques protégées.

Lorsque la candidature se poursuit, le propriétaire peut expliquer les vérifications envisagées et obtenir les consentements nécessaires. Une enquête de crédit ou une prise de référence doit répondre à une finalité précise et respecter les règles applicables.

La séquence pratique peut être organisée comme suit :

  1. Premier contact : transmettre les conditions du logement et recueillir les informations nécessaires à la poursuite de la candidature.
  2. Présentation du dossier : examiner les renseignements pertinents et les preuves appropriées proposées.
  3. Vérifications autorisées : contacter les références et effectuer, si justifiée, une vérification de crédit avec consentement.
  4. Clarifications : demander des explications sur les éléments réellement contradictoires ou incomplets.
  5. Décision : documenter les motifs légitimes avant de confirmer la conclusion du bail.

Il est préférable de vérifier les références après un premier examen pertinent du dossier et avant toute acceptation définitive. Cela évite de contacter inutilement un grand nombre de tiers et limite la circulation des informations personnelles.

Le calendrier de sélection ne doit pas être confondu avec celui des avis de renouvellement. Au Québec, le bail résidentiel se reconduit normalement automatiquement. Pour modifier les conditions d’un bail d’au moins douze mois, le propriétaire doit généralement donner un avis entre trois et six mois avant son expiration, sous réserve des exceptions applicables. Ces règles de modification et de reconduction du bail ne créent pas un calendrier obligatoire de sélection d’un nouveau locataire.

Une candidature acceptée ne doit pas être considérée comme librement révocable après la signature. Aucun droit général de rétractation permettant au propriétaire ou au candidat de revenir simplement sur un bail signé ne peut être déduit des sources fournies. De même, proposer un bail plus court ne permet pas de contourner les protections liées au maintien dans les lieux.

La sélection se termine avec la décision, mais la prévention du risque locatif se poursuit pendant l’occupation, notamment lorsque les paiements commencent à présenter des retards.

Pourquoi certains loyers arrivent-ils régulièrement en retard malgré un bail clair ?

Des retards de loyer répétés peuvent provenir d’un décalage de trésorerie, de ressources irrégulières, de difficultés financières ou d’une relation locative dégradée. Un bail clair fixe les obligations, mais ne supprime pas les contraintes de paiement. Pour réagir correctement, le propriétaire doit distinguer les causes possibles et suivre objectivement les échéances non respectées.

Le décalage entre la date de paiement du loyer et celle de réception des revenus peut créer des tensions récurrentes. Une personne rémunérée de manière variable ou recevant certaines prestations à une date différente de l’échéance peut rencontrer des difficultés ponctuelles sans être durablement insolvable.

Cette explication possible ne modifie toutefois pas automatiquement l’obligation contractuelle. Au Québec, le locataire doit payer le loyer intégralement à la date convenue. Si le paiement n’est pas effectué, il est en défaut dès le lendemain.

Un registre de suivi permet de distinguer plusieurs situations :

Interpréter les retards de paiement sans présumer leur cause
Situation observée Interprétation possible Réaction à envisager
Retard isolé, rapidement régularisé Incident ponctuel Vérifier le paiement et rappeler l’échéance
Retard similaire chaque mois Décalage de trésorerie possible Échanger sur les causes et les modalités permises
Retards accompagnés de montants impayés croissants Difficulté financière potentiellement persistante Documenter les sommes dues et considérer les recours
Retard accompagné d’un conflit d’entretien Désaccord locatif à examiner séparément Traiter la plainte et rappeler les obligations de paiement

La réaction du propriétaire doit rester proportionnée. Un rappel informel peut permettre de clarifier un oubli, tandis qu’un avis écrit facilite la conservation d’une preuve des échanges. Cette gradation constitue une méthode pratique, et non une procédure systématiquement imposée avant tout recours.

Les insatisfactions concernant l’entretien, les nuisances ou les réparations peuvent également détériorer la relation locative. Elles méritent d’être traitées, mais ne donnent pas automatiquement au locataire le droit de retenir son loyer comme moyen de pression.

En cas de non-paiement, le Tribunal administratif du logement prévoit des recours spécifiques. Le propriétaire peut demander le recouvrement des sommes dues dès le défaut. Lorsque le retard dépasse trois semaines, une demande de résiliation peut également être présentée, sans que la fin du bail soit automatique.

Le suivi des paiements fournit ainsi des renseignements utiles sur la gestion de l’immeuble, au même titre que l’analyse des départs de locataires et de leurs motivations.

Comment identifier les raisons qui poussent les locataires à quitter un immeuble ?

Pour comprendre les départs, un propriétaire peut combiner des entretiens de sortie volontaires, l’analyse des durées d’occupation et l’examen des réclamations reçues. Cette démarche distingue les causes extérieures à l’immeuble des problèmes de gestion, d’entretien ou de voisinage. Elle permet d’identifier des améliorations concrètes sans transformer les renseignements personnels en critères d’exclusion.

Le motif annoncé au moment du départ peut ne pas rendre compte de l’ensemble des facteurs qui ont influencé la décision. Un locataire évoquant une mutation professionnelle peut également avoir rencontré des difficultés d’entretien ou des nuisances répétées. Un échange respectueux, sans obligation de répondre, peut permettre de mieux comprendre son expérience.

Un entretien de sortie structuré peut aborder les aspects suivants : qualité de l’entretien, fonctionnement des équipements, facilité des communications avec la gestion et problèmes éventuels de tranquillité. Il est également possible de demander ce qui aurait pu améliorer l’expérience résidentielle.

Pour exploiter ces informations, il faut distinguer les causes :

  • Externes : changement d’emploi, projet d’achat immobilier, évolution des besoins résidentiels ou déménagement géographique.
  • Internes : entretien insuffisant, réparations tardives, nuisances, problèmes de sécurité ou difficultés de communication avec le gestionnaire.

Les causes internes sont généralement celles sur lesquelles le propriétaire dispose des moyens d’action les plus directs. Les causes externes restent utiles pour comprendre la rotation, mais ne constituent pas nécessairement des défauts de gestion.

Un suivi par logement peut révéler des tendances. À titre d’exemple hypothétique, si plusieurs locataires successifs signalent le bruit dans la même unité, une inspection acoustique ou une analyse du voisinage peut être plus pertinente qu’une modification des critères de sélection.

Les durées d’occupation peuvent également être comparées entre unités ou périodes, sans utiliser les caractéristiques personnelles protégées des occupants comme variables d’exclusion. Les petits ensembles de données demandent une interprétation prudente : quelques départs ne suffisent pas à établir une causalité.

Le lien avec la sélection initiale concerne surtout la qualité de l’information communiquée. Décrire honnêtement les caractéristiques du logement, son environnement et ses conditions d’occupation aide le candidat à apprécier sa convenance à ses propres besoins.

Cette démarche complète la sélection initiale : le propriétaire agit à la fois sur la qualité de l’expérience résidentielle et sur l’organisation du recouvrement des loyers.

À retenir avant de sécuriser les paiements

  • Une bonne sélection réduit certaines incertitudes, mais elle ne remplace pas le suivi effectif des loyers.
  • Les incidents de paiement doivent être documentés dès leur apparition, sans présumer automatiquement la mauvaise foi.
  • Les moyens de paiement, les garanties et les recours doivent respecter les limites prévues par le droit québécois.

Comment sécuriser la perception des loyers dans un immeuble locatif ?

Sécuriser la perception des loyers repose sur trois mesures complémentaires : sélectionner les candidats selon des critères légitimes, faciliter les paiements convenus et suivre chaque échéance. En cas d’impayé, le propriétaire doit conserver les preuves, communiquer clairement et utiliser les recours prévus par le droit applicable. Aucune de ces mesures ne garantit l’absence totale de retard.

La prévention commence avant la signature par une évaluation proportionnée du dossier. Elle se poursuit avec un bail indiquant clairement le montant, l’échéance et les modalités de paiement convenues. La compréhension de ces conditions réduit les ambiguïtés administratives sans modifier les obligations légales.

Sur le plan opérationnel, le propriétaire peut proposer un virement récurrent ou une autre solution pratique acceptée par les parties. Les modalités doivent toutefois rester conformes à la réglementation. Il ne peut pas imposer librement n’importe quel mécanisme de paiement ni exiger des chèques postdatés comme condition de conclusion du bail.

La documentation du Tribunal administratif du logement sur le paiement du loyer rappelle notamment l’interdiction d’exiger un dépôt de garantie additionnel et la limite applicable au loyer payable d’avance.

Le registre des paiements constitue un outil central. Pour chaque logement, il peut indiquer le loyer exigible, la date prévue, le montant reçu, la date de réception et le solde éventuel. Les justificatifs doivent être conservés de manière organisée et sécurisée. Le locataire peut demander un reçu, et le Tribunal recommande de garder les preuves de paiement pendant trois années.

Lorsqu’un loyer n’est pas intégralement payé à l’échéance, le propriétaire peut d’abord vérifier l’absence d’erreur administrative et contacter le locataire. Un avis écrit permet ensuite de préciser les montants dus et de documenter la situation. Il ne faut pas attendre un délai imaginaire de relance obligatoire pour déterminer si un recours est disponible.

Au Québec, le recours en recouvrement peut être entrepris dès le défaut de paiement. Un retard de plus de trois semaines peut ouvrir la possibilité de demander la résiliation du bail et l’expulsion, sous réserve de la décision du Tribunal. Un jugement ou une autre procédure applicable demeure nécessaire : le propriétaire ne peut pas traiter la résiliation comme automatique.

Les solutions complémentaires exigent aussi de la vigilance. Un cautionnement peut être envisagé dans certains contextes, mais sa validité, ses modalités et son caractère volontaire doivent être examinés. Il ne faut pas assimiler toute garantie à un dépôt de sécurité autorisé. Une éventuelle assurance commerciale contre les loyers impayés doit être évaluée selon ses exclusions et conditions réelles, sans supposer qu’une couverture précise existe ou qu’elle sera systématiquement applicable.

La sécurisation juridique ne suffit pas sans suivi administratif régulier. Un processus efficace associe la vérification des encaissements, la détection rapide des écarts, la conservation des échanges et le traitement séparé des réclamations concernant le logement.

La prochaine action utile consiste à formaliser une grille de sélection simple, puis à l’associer à un registre mensuel des loyers et à une procédure de suivi des retards. Ces trois outils forment une base opérationnelle qui peut être adaptée à chaque immeuble.

Questions fréquentes sur la sélection des locataires au Québec
Un propriétaire peut-il demander le numéro d’assurance sociale d’un candidat locataire ?

Le numéro d’assurance sociale n’est pas nécessaire à une vérification de crédit dans le cadre d’une candidature locative au Québec. La Commission d’accès à l’information indique que le nom, l’adresse et la date de naissance suffisent normalement à cette fin. La collecte doit se limiter aux renseignements nécessaires.

Peut-on refuser un candidat simplement parce qu’il reçoit de l’aide sociale ?

Non. Au Québec, la condition sociale figure parmi les motifs de discrimination interdits dans l’accès au logement. Un candidat ne peut pas être écarté uniquement parce qu’il reçoit des prestations d’aide sociale. L’examen de la candidature doit reposer sur des éléments légitimes liés aux obligations locatives.

Faut-il nécessairement effectuer une enquête de crédit pour accepter un locataire ?

Non. Une enquête de crédit n’est pas une étape universellement obligatoire. Au Québec, elle nécessite le consentement du candidat. D’autres éléments appropriés, comme une attestation de crédit, des références ou des preuves de paiements réguliers, peuvent contribuer à l’évaluation d’un dossier.

Le propriétaire peut-il exiger un dépôt de garantie pour se protéger des loyers impayés ?

Au Québec, le propriétaire ne peut pas exiger un dépôt de garantie additionnel pour conclure un bail résidentiel. Il ne peut pas non plus exiger plus d’un mois de loyer d’avance. Les moyens de sécurisation doivent respecter les limites prévues par la réglementation locative.

Combien de temps faut-il attendre pour agir lorsqu’un locataire ne paie pas son loyer ?

Au Québec, le locataire est en défaut dès le lendemain de l’échéance si le loyer n’est pas entièrement payé. Le propriétaire peut alors demander son recouvrement. Lorsque le retard dépasse trois semaines, il peut également demander la résiliation du bail et l’expulsion au Tribunal administratif du logement. Ces mesures ne sont pas automatiques et nécessitent les démarches appropriées.

Rédigé par Alexis Roy, Curateur d’information spécialisé dans l’immobilier locatif, les revenus et la gestion des relations avec les locataires. Il met en perspective loyers, vacance, roulement, dépenses, perception des paiements et demande locale afin de distinguer revenu encaissé et performance réelle. Le lecteur bénéficie d’une lecture plus complète des facteurs qui rendent un immeuble locatif stable, fragile ou difficile à gérer.