Une transaction immobilière au Canada peut engager juridiquement l’acheteur et le vendeur bien avant le transfert officiel de propriété. Une promesse d’achat acceptée, une condition de financement imprécise ou un défaut découvert tardivement peuvent entraîner des conséquences financières importantes, même lorsque la vente ne se réalise finalement pas.
Pour éviter les erreurs juridiques, il faut examiner les documents, préciser les conditions contractuelles, respecter les échéances et solliciter les professionnels compétents avant de prendre un engagement difficile à modifier. Cette démarche concerne autant l’acheteur qui souhaite protéger son investissement que le vendeur qui veut conclure la vente sans contestation.
Le cadre juridique varie selon la province. Le Québec applique principalement le droit civil, tandis que les autres provinces relèvent généralement de la common law pour les transactions immobilières. Les obligations de divulgation, les recours et les formalités de transfert doivent donc être vérifiés selon le territoire concerné. Les règles québécoises présentées ci-dessous ne s’appliquent pas automatiquement ailleurs au Canada.
Les trois réflexes pour sécuriser une transaction immobilière
- Faire vérifier les conditions de financement, d’inspection, les titres et les clauses particulières avant de s’engager fermement.
- Consigner par écrit les obligations de chaque partie, les échéances, les réparations convenues et les modalités de possession.
- Préparer suffisamment tôt les documents, les fonds et les vérifications nécessaires à la clôture avec les professionnels compétents.
- Pourquoi une vente immobilière peut-elle tomber à l’eau après l’acceptation de l’offre ?
- Comment préparer une transaction immobilière pour réduire les imprévus avant la signature ?
- Acheteur ou vendeur : qui doit fournir quoi pendant une transaction immobilière ?
- Quelle clause oubliée peut exposer une partie à un risque financier important ?
- Quand faire intervenir les professionnels avant la conclusion d’une transaction ?
- Comment préparer les éléments requis avant le transfert officiel d’une propriété ?
- Comment examiner un rapport d’arpenteur-géomètre avant d’acheter une propriété ?
- Comment préparer la clôture d’une transaction immobilière sans mauvaise surprise ?
Pourquoi une vente immobilière peut-elle tomber à l’eau après l’acceptation de l’offre ?
Une vente immobilière peut échouer après l’acceptation d’une offre lorsque le financement n’est pas obtenu, que l’inspection révèle un problème ou qu’une partie ne respecte pas ses obligations. La conséquence juridique dépend toutefois de la rédaction du contrat : l’échec régulier d’une condition prévue n’équivalent pas nécessairement à une rupture fautive.
La première distinction essentielle concerne les conditions suspensives, ou conditions auxquelles la transaction est assujettie selon le régime applicable. Elles peuvent notamment porter sur l’obtention d’un prêt hypothécaire, l’inspection du bâtiment ou l’examen de documents relatifs à la propriété.
Au Québec, une promesse d’achat acceptée constitue normalement un engagement formel entre les parties, sous réserve des conditions convenues. Les modalités contractuelles déterminent les démarches à effectuer et les possibilités de mettre fin à la transaction. C’est ce qu’expliquent les explications de l’OACIQ sur la promesse d’achat.
Une condition mal formulée peut devenir problématique. Par exemple, une promesse indiquant simplement « sous réserve du financement », sans définir suffisamment les modalités et les échéances, peut susciter un désaccord sur ce qui constitue une obtention satisfaisante du prêt. Une condition d’inspection doit également prévoir comment les résultats peuvent être invoqués et communiqués.
Il faut distinguer cette situation d’un acheteur qui refuse de conclure sans pouvoir s’appuyer sur une condition ou un autre fondement juridique valable. Selon le contrat et le droit provincial, une telle rupture peut donner lieu à des recours et à une demande d’indemnisation.
Le dépôt versé lors de l’offre soulève une question supplémentaire. Dans les provinces de common law, il est souvent utilisé comme garantie de l’engagement contractuel. Au Québec, son traitement dépend notamment de la promesse d’achat et des modalités applicables. **Il ne faut jamais supposer que le dépôt sera automatiquement remboursé ou automatiquement perdu** : une résolution valable, une défaillance contractuelle et un différend sur les conditions n’entraînent pas nécessairement les mêmes conséquences.
Scénario hypothétique : deux ventes dépendantes
Un acheteur accepte de vendre sa maison pour financer l’achat d’une nouvelle propriété. Il s’engage sur le second achat, mais la vente de sa résidence actuelle échoue après une inspection défavorable.
Si le second contrat ne prévoit pas une condition adéquate liée à la vente de sa propriété, cet acheteur peut demeurer engagé malgré la perte du financement attendu. Le risque aurait pu être examiné avant l’offre et traité dans une clause adaptée.
La prévention repose sur une lecture précise des conditions, de leurs échéances et de la manière de constater leur réalisation ou leur échec.
Une transaction qui n’aboutit pas n’est donc pas nécessairement une transaction fautive. La solidité de sa préparation juridique permet de déterminer si chaque partie est correctement protégée lorsque les événements ne se déroulent pas comme prévu.
Comment préparer une transaction immobilière pour réduire les imprévus avant la signature ?
Pour réduire les imprévus avant une signature immobilière, il faut constituer un dossier documentaire, vérifier les caractéristiques juridiques de la propriété, établir un budget réaliste et organiser les échéances. Cette préparation permet de détecter les servitudes, anomalies de titre, problèmes de financement et obligations particulières avant qu’ils ne deviennent des obstacles contractuels.
La préparation commence idéalement avant la mise en vente ou la recherche active d’un bien. Le vendeur rassemble les documents qui décrivent la propriété et ses éventuelles contraintes. L’acheteur prépare parallèlement les preuves financières nécessaires et détermine les vérifications qu’il souhaite obtenir.
Le dossier peut comprendre, selon la province et le type de propriété :
- Les actes de propriété et les documents disponibles sur le titre.
- Le certificat de localisation au Québec ou les documents d’arpentage pertinents ailleurs.
- Les déclarations du vendeur, les permis et les factures de rénovations.
- Les informations sur les servitudes, hypothèques, taxes foncières et autres charges.
- Les documents propres à la copropriété, lorsqu’il s’agit d’une unité concernée.
Les problèmes les plus coûteux sont parfois ceux qui n’ont pas été identifiés avant l’offre. Une clôture construite au mauvais endroit, un agrandissement dont les autorisations doivent être vérifiées ou un droit de passage peuvent modifier l’intérêt économique d’une propriété.
Une recherche de titre et un examen documentaire préalables peuvent permettre de transformer une découverte tardive en élément de négociation. L’acheteur peut alors demander des précisions, une correction ou une protection contractuelle, plutôt que de découvrir le problème alors que son engagement est devenu ferme.
La préparation financière constitue un second volet indépendant. Une préapprobation hypothécaire facilite la recherche, mais elle n’équivaut pas à une approbation définitive pour une propriété déterminée.
1,5 % à 4 %
Fourchette de budgétisation des frais de clôture recommandée par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, en proportion du prix d’achat. Les dépenses réelles dépendent notamment de la province et du dossier.
Ces frais peuvent notamment inclure des honoraires juridiques, des coûts d’inspection, des ajustements de taxes et, selon la transaction, une assurance titres. La mise de fonds et les frais de clôture doivent être planifiés distinctement.
Enfin, un calendrier inverse limite les engagements irréalistes. À partir de la date souhaitée de possession, il faut remonter vers la date de transfert, les validations juridiques, l’obtention définitive du financement, l’inspection et la levée des conditions.
Cette organisation rend les engagements plus réalistes et permet de communiquer rapidement les éléments manquants aux intervenants. Elle facilite aussi la répartition des responsabilités entre l’acheteur et le vendeur.
Acheteur ou vendeur : qui doit fournir quoi pendant une transaction immobilière ?
Le vendeur doit communiquer les informations et documents exigés par le droit applicable et le contrat, tandis que l’acheteur doit effectuer les vérifications prévues et respecter ses engagements financiers. Le détail varie selon la province, le type de propriété et les clauses signées. Une obligation mal attribuée peut retarder ou compromettre la transaction.
Au Québec, les règles de garantie de qualité et les obligations liées aux vices cachés sont particulièrement importantes. Dans les provinces de common law, les obligations de divulgation obéissent à d’autres règles, qui peuvent varier selon la nature du défaut, les déclarations faites et le droit provincial.
La documentation doit donc être examinée au regard de la juridiction, sans présumer que le vendeur est toujours tenu de révéler chaque imperfection ou que l’acheteur doit découvrir seul l’ensemble des défauts.
Voici une répartition pratique des interventions, sous réserve des exigences propres à chaque dossier.
| Élément à préparer | Vendeur | Acheteur |
|---|---|---|
| Titre et charges immobilières | Fournir les documents nécessaires et respecter les engagements relatifs au titre | Faire examiner les informations pertinentes par le professionnel compétent |
| État de la propriété | Effectuer les déclarations requises et communiquer les renseignements exigibles | Organiser l’inspection et examiner les observations |
| Financement | Collaborer aux démarches prévues au contrat | Obtenir le prêt et fournir les confirmations nécessaires |
| Copropriété | Communiquer les documents exigés ou convenus | Examiner les charges, règles et informations financières disponibles |
| Réparations et accessoires | Exécuter les engagements écrits | Vérifier leur exécution dans les conditions prévues |
Le courtier immobilier joue un rôle de coordination, d’information et de suivi dans les limites de ses attributions professionnelles. Il ne remplace pas l’avocat ou le notaire pour les questions qui nécessitent un avis juridique spécialisé.
Les obligations partagées méritent une attention particulière. Supposons, à titre hypothétique, qu’une inspection révèle une infiltration et que le vendeur accepte de faire réparer le problème avant le transfert. Les parties doivent préciser la nature des travaux, leur date d’achèvement, les justificatifs attendus et la manière de traiter une réparation incomplète.
La même prudence s’applique aux électroménagers, luminaires, équipements fixes ou autres accessoires. Une formulation générale peut créer des interprétations opposées lors de la remise des clés.
Une obligation négociée doit être suffisamment précise et consignée dans l’entente, au lieu de reposer uniquement sur un échange verbal ou une compréhension supposée.
Une fois ces obligations définies, leur traduction en clauses contractuelles devient déterminante : ce sont les conditions écrites qui permettront généralement de vérifier leur respect et d’examiner les recours possibles.
Quelle clause oubliée peut exposer une partie à un risque financier important ?
L’absence d’une condition de financement ou d’inspection adéquate peut exposer l’acheteur à un engagement financier qu’il ne pourra pas facilement annuler. Les clauses relatives aux délais, aux garanties, à l’état de la propriété et aux accessoires peuvent également provoquer des litiges. Leur rédaction doit être vérifiée avant l’acceptation définitive.
La condition de financement est particulièrement sensible. Une préapprobation ne garantit pas l’obtention finale du prêt. Une offre devenue ferme sans protection contractuelle suffisante peut donc placer l’acheteur dans une situation délicate si l’établissement prêteur refuse le financement.
La condition d’inspection mérite le même degré de précision : délais, possibilité de faire réaliser l’inspection, modalités d’avis et conséquences prévues doivent être compatibles avec le régime applicable. Une clause qui laisse planer un doute sur la procédure de dénonciation peut créer un conflit entre les parties.
Les clauses temporelles concernent aussi la date du transfert, la prise de possession et les délais de réalisation des conditions. Leur non-respect peut avoir des conséquences contractuelles, selon les circonstances et les éventuelles possibilités de correction.
Au Québec, les formulaires de courtage de l’OACIQ comportent des règles précises de calcul et de suivi des délais. Dans ce cadre, les jours civils sont généralement utilisés, fins de semaine et jours fériés compris. Certains avis doivent également parvenir à l’autre partie dans des délais particuliers. Les règles de l’OACIQ sur le suivi des conditions et des délais soulignent notamment l’importance des preuves de réception.
Autre point sensible : la vente « telle quelle » ou as is. Cette expression ne possède pas nécessairement la même portée juridique partout au Canada.
Au Québec, la possibilité d’exclure ou de limiter la garantie doit être appréciée au regard du Code civil et de la rédaction exacte de la clause. L’article 1733 du Code civil du Québec limite notamment certaines exclusions de responsabilité lorsque le vendeur n’a pas révélé des vices qu’il connaissait ou ne pouvait ignorer. Il prévoit toutefois une exception concernant l’achat aux risques et périls auprès d’un vendeur non professionnel.
Cette distinction est importante : une clause d’exclusion de garantie ne doit être considérée ni comme automatiquement efficace dans toutes les circonstances ni comme nécessairement privée d’effet. Sa portée doit être analysée au regard du contrat, des faits et du droit applicable.
Enfin, des clauses apparemment secondaires peuvent avoir des effets durables. L’absence de précision sur un droit de passage, une clôture litigieuse, des appareils inclus ou des réparations convenues peut provoquer une contestation après le transfert.
Une bonne lecture contractuelle consiste donc à demander, pour chaque obligation : qui doit agir, dans quel délai, comment le résultat sera constaté et que prévoit l’accord si l’engagement n’est pas respecté ?
Le recours à un professionnel du droit dès cette étape peut éviter qu’un risque identifiable ne devienne un différend difficile et coûteux à résoudre après la signature.
Quand faire intervenir les professionnels avant la conclusion d’une transaction ?
Les professionnels doivent intervenir avant que leurs vérifications ne perdent leur utilité contractuelle. Le courtier hypothécaire peut accompagner la préparation du financement, l’inspecteur examine le bâtiment avant l’échéance prévue, et l’arpenteur vérifie les questions foncières. L’avocat ou le notaire doit être consulté suffisamment tôt pour examiner les engagements juridiques importants.
L’erreur consiste à attendre la veille du transfert pour signaler un problème déjà présent lors de la négociation. Une vérification tardive peut permettre de constater un risque, sans laisser suffisamment de marge pour modifier librement l’accord.
Le moment d’intervention dépend de la nature du professionnel :
- Courtier hypothécaire ou prêteur : avant la recherche active et de nouveau pour obtenir la confirmation définitive du financement.
- Inspecteur en bâtiment : dans le délai prévu par la condition d’inspection, avant qu’elle ne soit levée ou réputée réalisée selon le contrat.
- Arpenteur-géomètre : lorsqu’un document existant ne reflète plus les lieux, que les limites sont incertaines ou qu’une vérification particulière est nécessaire.
- Avocat ou notaire : avant la signature d’engagements complexes, puis lors de l’examen des titres, du financement et des opérations de clôture.
Les modalités d’intervention juridique diffèrent selon la province. Au Québec, les ventes immobilières résidentielles sont généralement finalisées par acte notarié, tandis que les autres provinces font habituellement intervenir des professionnels juridiques selon leurs règles respectives. Il faut néanmoins éviter de confondre la pratique courante avec une obligation identique pour toutes les transactions.
Un acheteur qui découvre après l’acceptation de son offre qu’une servitude compromet son projet ne dispose pas nécessairement des mêmes options qu’un acheteur qui avait fait inscrire une condition de vérification documentaire adaptée.
Le choix du professionnel compte autant que son calendrier d’intervention. Il convient de vérifier ses autorisations d’exercice, son expérience pertinente en immobilier, les assurances professionnelles applicables et la portée exacte de son mandat.
Lorsqu’une question présente un enjeu juridique significatif, demander une conclusion écrite permet également de conserver une trace des réserves formulées et des mesures recommandées.
Cette coordination en amont prépare les opérations de transfert : les documents, les titres et les mouvements de fonds doivent alors être finalisés dans un calendrier cohérent.
Comment préparer les éléments requis avant le transfert officiel d’une propriété ?
Avant le transfert officiel d’une propriété, les parties doivent réunir les documents requis, faire examiner les titres et les charges, confirmer le financement et prévoir les sommes nécessaires à la clôture. Le professionnel juridique coordonne les formalités applicables. Une hypothèque non radiée, un document manquant ou des fonds indisponibles peuvent empêcher la conclusion à la date convenue.
La vérification des titres permet d’identifier les droits et charges qui affectent le bien. Elle peut notamment porter sur les hypothèques inscrites, les servitudes, certains droits de tiers et les formalités nécessaires au transfert.
Selon la province et les particularités du dossier, les informations sur les taxes foncières, les charges de copropriété et les ajustements financiers doivent également être réunies. Une charge existante n’empêche pas nécessairement la vente, mais son traitement doit être organisé avant la clôture.
Les hypothèques du vendeur exigent une attention particulière. Lorsque le contrat prévoit la transmission d’un titre libre de charges déterminées, les démarches nécessaires pour obtenir leur remboursement et leur radiation doivent être coordonnées conformément au droit applicable.
La logistique financière présente un autre risque. Le montant disponible pour la mise de fonds ne représente pas toujours la somme totale à remettre au professionnel chargé du transfert. Les frais juridiques, les ajustements et les autres coûts de clôture doivent être pris en compte.
Les modalités de réception des fonds doivent être confirmées directement avec le professionnel concerné. Certains moyens de paiement peuvent être refusés ou imposer des délais de traitement incompatibles avec la date prévue. Un virement international, notamment, mérite une anticipation particulière.
Les ajustements de clôture répartissent certaines dépenses ou recettes entre acheteur et vendeur conformément au contrat. Il peut s’agir des taxes municipales, des taxes scolaires, des frais de copropriété ou des loyers liés à une propriété locative.
Ces ajustements doivent reposer sur les montants, dates et modalités réellement applicables, et non sur une estimation informelle.
Il faut enfin organiser les aspects pratiques : assurance habitation, services publics, relevés de compteurs lorsque pertinents, accès à la propriété et modalités de remise des clés. La date de signature, la date de transfert et la date de possession ne doivent pas être présumées interchangeables.
Un dossier financier et documentaire complet réduit les blocages de dernière minute. Il reste toutefois indispensable de vérifier les informations physiques de la propriété, notamment lorsque des limites de terrain ou des servitudes soulèvent des questions.
Comment examiner un rapport d’arpenteur-géomètre avant d’acheter une propriété ?
Pour examiner un rapport d’arpenteur-géomètre, il faut comparer les limites et dimensions du terrain avec la propriété annoncée, identifier les servitudes et examiner les éventuels empiètements ou irrégularités. Au Québec, le certificat de localisation constitue un document particulièrement important. Toute anomalie pertinente doit être clarifiée avant que l’acheteur ne renonce à ses protections contractuelles.
Les documents d’arpentage n’ont pas tous la même fonction selon la province. Un certificat de localisation québécois présente notamment l’état et la situation du bien par rapport aux titres, au cadastre et à certaines règles applicables. Un autre type de relevé foncier ne fournit pas nécessairement une analyse identique.
Il faut donc commencer par identifier la nature exacte du document, sa date et la portée des constatations qu’il contient.
Une première lecture concerne la correspondance entre la propriété promise et celle qui est décrite. Les dimensions, les bâtiments, les limites et les références cadastrales doivent être examinés avec l’aide du professionnel approprié lorsque des écarts apparaissent.
Une deuxième lecture porte sur les servitudes et droits de passage. Leur présence peut limiter certaines utilisations du terrain. Il faut distinguer une servitude mentionnée dans un document de sa portée juridique exacte, laquelle nécessite parfois l’examen des actes correspondants.
Une troisième lecture recherche les anomalies : bâtiment ou clôture qui dépasse une limite, aménagement situé dans une zone soumise à restrictions, discordance documentaire ou problème nécessitant des vérifications supplémentaires.
Un document ancien doit être traité avec prudence lorsque la propriété a changé depuis son établissement. Une piscine, un agrandissement, une nouvelle clôture ou une modification des limites peut rendre nécessaire une actualisation ou une vérification supplémentaire. La seule ancienneté du document ne permet cependant pas de conclure automatiquement à son invalidité.
Si une anomalie est découverte, les parties peuvent envisager, lorsque cela demeure possible, une correction, une expertise complémentaire, une adaptation du prix ou une modification écrite de leurs engagements. L’efficacité de ces mesures dépend du contrat et du droit applicable.
Un rapport ne suffit donc pas à lui seul à résoudre une difficulté foncière. Ses observations doivent être comprises et, lorsque nécessaire, traduites en engagements vérifiables.
Lorsque les questions d’arpentage ont été traitées, l’acheteur peut aborder la clôture avec une meilleure compréhension du bien qu’il acquiert et des éventuelles réserves encore à régler.
À retenir avant la clôture
- Demander la confirmation écrite que les conditions contractuelles ont été correctement traitées.
- Rapprocher les montants de clôture et les délais bancaires des instructions du professionnel juridique.
- Prévoir un contrôle final de la propriété et un mécanisme écrit pour résoudre toute divergence.
Comment préparer la clôture d’une transaction immobilière sans mauvaise surprise ?
Pour réussir la clôture immobilière, il faut confirmer la réalisation des conditions contractuelles, la disponibilité des fonds, la conformité des documents de transfert et l’état de la propriété avant la possession. Les réparations convenues, les accessoires inclus et la remise des clés doivent être vérifiés. Toute difficulté doit être signalée rapidement au professionnel chargé du dossier.
La clôture correspond à l’aboutissement de plusieurs engagements distincts. Le financement peut être obtenu alors qu’une question de titre reste ouverte. Une inspection satisfaisante ne garantit pas non plus que les réparations négociées après celle-ci seront exécutées.
La première vérification consiste à reprendre les conditions de l’offre acceptée et leurs éventuelles modifications écrites. Il faut s’assurer que chaque condition a été réalisée, levée ou traitée conformément au contrat, sans laisser subsister une ambiguïté sur le statut de la transaction.
La confirmation des fonds doit provenir du professionnel compétent et tenir compte des exigences du prêteur. L’assurance habitation doit également être coordonnée avec la date à laquelle la couverture devient nécessaire, selon le contrat et le transfert des risques applicable.
La visite pré-remise, ou final walk-through, peut aider à vérifier l’état du logement, sous réserve du droit d’accès prévu et des modalités convenues. Elle ne remplace pas l’inspection technique initiale. Elle vise principalement à repérer les changements intervenus depuis l’offre et à constater si les engagements matériels du vendeur ont été respectés.
Il convient notamment de contrôler les réparations négociées, la présence des accessoires inclus et la libération des lieux conformément au contrat. Des photographies et des constats datés peuvent faciliter la documentation d’une divergence.
Si une réparation n’est pas achevée, une retenue de fonds ou un ajustement financier peut parfois être envisagé. Une telle mesure ne doit toutefois pas être appliquée unilatéralement : elle nécessite un fondement contractuel, une entente appropriée ou une autre justification juridique applicable.
Checklist finale : cinq vérifications avant le transfert
- Contrôler les conditions : constituer un dossier réunissant les avis, confirmations et accords écrits relatifs à chacune des conditions de l’offre.
- Valider le financement : obtenir la confirmation du prêteur et les instructions écrites du professionnel juridique concernant les fonds requis.
- Vérifier les documents : demander au professionnel chargé du transfert de confirmer le traitement des questions de titre, de charges et d’ajustements.
- Examiner la propriété : préparer un relevé daté des réparations, accessoires et éventuelles différences constatées lors de la visite autorisée.
- Organiser la possession : obtenir une confirmation des modalités de remise des clés, de couverture d’assurance et de transfert des services pertinents.
La dernière difficulté concerne le décalage possible entre la signature et la prise de possession. Le vendeur peut devoir libérer les lieux à une date distincte de celle du transfert, tandis que la répartition des risques et des charges dépend des règles et des conventions applicables.
Un vendeur qui n’a pas quitté la propriété ou qui n’a pas accompli les démarches nécessaires pour libérer certaines charges peut provoquer un différend sérieux. Il faut alors consulter rapidement le professionnel juridique plutôt que supposer qu’un simple report verbal suffit.
Avant la date prévue, transmettre au professionnel chargé du dossier une liste des dernières questions non résolues et demander une confirmation écrite des mesures à prendre. Cette démarche concrète permet d’aborder le transfert et la remise des clés avec des engagements clarifiés, plutôt qu’avec des suppositions.
Une offre d’achat acceptée peut-elle être annulée sans pénalité au Canada ?
Une annulation sans responsabilité financière n’est pas automatiquement possible. Elle dépend notamment des conditions contractuelles, de leur réalisation, d’une éventuelle entente entre les parties et du droit provincial. Une condition d’inspection ou de financement correctement invoquée peut produire des effets différents d’un désistement injustifié.
Une préapprobation hypothécaire garantit-elle la conclusion de l’achat ?
Non. Une préapprobation ne constitue pas une confirmation définitive du prêt pour une propriété particulière. Le financement peut encore dépendre des vérifications du prêteur, de la situation de l’emprunteur et des caractéristiques du bien. La condition de financement doit être examinée en conséquence.
Peut-on acheter une maison au Québec sans garantie légale ?
Une exclusion de garantie peut être prévue dans certaines circonstances, mais sa portée dépend des dispositions du Code civil du Québec et de la situation des parties. L’article 1733 prévoit notamment des limites à l’exclusion de responsabilité ainsi qu’une exception concernant l’achat aux risques et périls auprès d’un vendeur non professionnel. Un avis juridique est indiqué avant d’accepter une telle clause.
Qui doit payer pour obtenir un nouveau certificat de localisation au Québec ?
La prise en charge dépend notamment des engagements contractuels et des circonstances dans lesquelles un nouveau document est nécessaire. Le seul fait qu’un certificat soit ancien ne détermine pas automatiquement qui doit financer son remplacement. Il convient de vérifier la promesse d’achat et de consulter le notaire chargé du dossier.
Que faire si un défaut est découvert juste avant la remise des clés ?
Il faut documenter le problème, avertir rapidement les professionnels impliqués et vérifier les engagements contractuels du vendeur. Une réparation, un ajustement ou une retenue éventuelle doit être examiné dans le cadre juridique applicable. L’acheteur ne doit pas présumer qu’il peut suspendre unilatéralement la clôture sans conséquence.