Le prix auquel une propriété se vend ne révèle pas combien son propriétaire conservera réellement. Au Canada, une transaction immobilière peut entraîner des frais de vente, le remboursement d’un prêt hypothécaire et, selon l’utilisation du bien, un impôt sur le gain en capital. Ces montants répondent à des règles différentes et doivent être estimés séparément.
Pour anticiper l’impôt avant de vendre, il faut déterminer le prix de base rajusté de l’immeuble, identifier les dépenses admissibles, vérifier les exemptions possibles et appliquer les règles fiscales de l’année de disposition. La province de résidence fiscale du vendeur influence également l’impôt total.
Une résidence principale admissible peut bénéficier d’une exemption complète, alors qu’un immeuble locatif peut produire à la fois un gain en capital imposable et une récupération d’amortissement. Une propriété ayant changé d’utilisation exige une attention particulière.
Cette analyse doit idéalement précéder l’acceptation d’une offre d’achat. Elle permet de préparer un budget réaliste, de repérer les pièces justificatives manquantes et d’éviter qu’un gain immobilier important entraîne une facture fiscale inattendue.
L’essentiel pour anticiper l’impôt immobilier au Canada
- Le gain en capital correspond généralement au produit de disposition diminué du prix de base rajusté et des dépenses de vente admissibles, et non au montant reçu après remboursement hypothécaire.
- L’exemption pour résidence principale peut réduire ou éliminer le gain imposable, mais la vente doit tout de même être déclarée conformément aux règles applicables.
- Une estimation fiable exige de réunir les justificatifs, de vérifier l’utilisation passée du bien et de calculer séparément l’impôt potentiel et les liquidités disponibles après la vente.
- Pourquoi le gain en capital imposable ne correspond-il pas au prix de vente ?
- Comment conserver les preuves utiles pour calculer un gain immobilier plusieurs années plus tard ?
- Résidence principale ou bien locatif : quel traitement fiscal examiner lors de la vente ?
- Quelles erreurs de calcul peuvent augmenter inutilement le gain déclaré à la vente ?
- Quand demander une analyse fiscale avant de vendre une propriété appréciée ?
- Comment préparer les renseignements nécessaires avant de déclarer la vente d’une résidence principale ?
- Transfert direct ou planification successorale : quelle approche examiner pour vos immeubles ?
- Comment distinguer les règles provinciales et fédérales applicables à l’immobilier ?
Pourquoi le gain en capital imposable ne correspond-il pas au prix de vente ?
Le gain en capital imposable ne correspond pas au prix de vente, car le calcul fiscal tient compte du coût d’acquisition rajusté, des améliorations admissibles et des dépenses engagées pour vendre le bien. Une fraction seulement du gain réalisé est ensuite incluse dans le revenu imposable, sauf exemption ou règle particulière.
Le calcul commence par trois éléments : le produit de disposition, le prix de base rajusté (PBR) et les dépenses de disposition admissibles. Le produit de disposition correspond généralement au prix obtenu pour l’immeuble. Le PBR comprend notamment le coût d’achat, certains frais d’acquisition et les améliorations en capital admissibles.
La formule générale est la suivante : gain en capital = produit de disposition − PBR − dépenses de vente admissibles. Les commissions immobilières et certains honoraires juridiques liés directement à la vente peuvent ainsi réduire le gain calculé.
Cette méthode est expliquée dans le guide T4037 de l’Agence du revenu du Canada sur les gains en capital, qui couvre notamment les immeubles, les dépenses admissibles et les obligations de déclaration.
Exemple hypothétique : calculer le gain avant l’impôt
Un propriétaire vend un immeuble 600 000 $. Le prix de base rajusté documenté est de 380 000 $, et les dépenses admissibles directement liées à la vente totalisent 25 000 $. Son gain en capital calculé est donc de 195 000 $.
Avec un taux d’inclusion hypothétique de 50 %, le gain en capital imposable serait de 97 500 $. Ce montant s’ajouterait aux revenus imposables du propriétaire; il ne représente pas l’impôt lui-même. L’exemple suppose une immobilisation sans exemption ni autre ajustement fiscal.
Pour l’année d’imposition 2025, le taux d’inclusion présenté par l’ARC est de 50 % pour les gains en capital ordinaires. Pour une vente réalisée au cours d’une autre année, il faut vérifier les règles législatives alors applicables avant de retenir ce pourcentage.
Une première approximation consiste à multiplier le gain imposable par le taux marginal combiné fédéral et provincial. Toutefois, un gain important peut traverser plusieurs tranches d’imposition : une simulation tenant compte des autres revenus est alors préférable.
Le montant reçu chez le notaire ou l’avocat après remboursement hypothécaire n’est pas le gain fiscal. Le remboursement du capital emprunté réduit l’argent disponible, mais ne constitue pas une dépense de disposition déductible du gain.
La fiabilité du résultat dépend ensuite de la capacité du propriétaire à prouver les sommes utilisées, parfois plusieurs décennies après leur paiement.
Comment conserver les preuves utiles pour calculer un gain immobilier plusieurs années plus tard ?
Pour calculer correctement un gain immobilier plusieurs années après l’achat, il faut conserver les documents d’acquisition, les factures d’améliorations en capital et les justificatifs de vente. Le plus pratique consiste à créer un dossier permanent par propriété, accompagné d’un historique des dépenses et des changements d’utilisation du bien.
Dès l’acquisition, ce dossier devrait regrouper l’acte d’achat, le relevé des frais de clôture, les honoraires juridiques ou notariaux, les droits d’acquisition pertinents et les documents permettant d’établir le coût fiscal initial. Les rapports d’inspection peuvent également aider à comprendre l’historique des travaux, sans constituer automatiquement une dépense admissible au PBR.
Pendant la détention, la principale difficulté consiste à distinguer les dépenses en capital des frais d’entretien courant. Une extension de bâtiment ou une rénovation majeure apportant une amélioration durable peut augmenter le PBR. À l’inverse, une réparation ordinaire ou une couche de peinture d’entretien n’y est généralement pas ajoutée.
La qualification dépend toutefois de la nature réelle des travaux et de leur contexte. Une facture portant simplement la mention « rénovation » ne suffit pas toujours à démontrer le traitement fiscal approprié.
Un classement efficace sépare les documents d’acquisition, les améliorations potentiellement capitalisables, l’entretien courant, les revenus et dépenses locatives ainsi que les pièces de vente. Un tableau récapitulatif peut indiquer pour chaque facture la date, le fournisseur, la nature des travaux, le montant et le traitement fiscal envisagé.
La conservation numérique est pratique si les copies sont complètes, lisibles, accessibles et protégées contre la perte ou l’altération. Il reste prudent de garder les originaux des actes et des pièces importantes lorsqu’ils sont disponibles, notamment lorsque leur valeur probante pourrait être discutée.
Selon les règles de l’ARC sur la conservation des registres fiscaux, le délai général de six ans comporte des exceptions. Les documents historiques servant à établir le coût d’une immobilisation peuvent devoir être conservés beaucoup plus longtemps. Détruire des factures six ans après les travaux serait donc imprudent si elles restent nécessaires au calcul d’un gain futur.
Une documentation complète ne garantit pas qu’une dépense sera admise fiscalement, mais elle permet de justifier le calcul et de faire examiner les situations ambiguës avant la vente.
Résidence principale ou bien locatif : quel traitement fiscal examiner lors de la vente ?
La vente d’une résidence principale admissible peut être entièrement exonérée d’impôt sur le gain en capital, tandis que celle d’un immeuble locatif entraîne généralement le calcul d’un gain imposable. Le traitement dépend aussi de l’occupation passée du bien, des changements d’utilisation et de l’amortissement fiscal éventuellement réclamé.
Pour bénéficier de l’exemption pour résidence principale, le propriétaire doit respecter les critères de désignation applicables. Le simple fait d’avoir habité une maison ne garantit pas automatiquement une exemption complète. Les années admissibles, les autres propriétés détenues et la situation de l’unité familiale doivent être examinées.
Une propriété ayant constitué la résidence principale pendant toutes les années pertinentes peut généralement bénéficier d’une exonération complète. Lorsque seules certaines années sont admissibles, une exonération partielle peut s’appliquer selon la formule prévue et ses conditions, notamment les règles relatives aux années d’acquisition et de résidence fiscale.
Le traitement d’un immeuble locatif est différent : son propriétaire doit calculer le gain réalisé et vérifier les conséquences de toute déduction pour amortissement réclamée auparavant.
| Critère | Résidence principale | Immeuble locatif |
|---|---|---|
| Gain en capital | Exemption totale ou partielle possible | Généralement imposable selon les règles applicables |
| Déclaration | Vente et désignation à déclarer | Gain ou perte à déclarer selon sa qualification |
| Amortissement fiscal | Généralement non applicable à l’usage personnel | Récupération possible si une DPA a été réclamée |
| Changement d’utilisation | Peut modifier l’exemption | Peut entraîner une disposition réputée ou un choix fiscal |
La récupération de la déduction pour amortissement (DPA) mérite une attention particulière. Lorsqu’un immeuble amortissable est vendu, une partie des déductions antérieures peut devoir être incluse dans le revenu, indépendamment du gain en capital. Le calcul nécessite notamment de distinguer le terrain, qui n’est pas amortissable, du bâtiment.
Une résidence convertie en location, ou l’inverse, peut également faire l’objet d’une disposition réputée à la juste valeur marchande. Certains choix fiscaux permettent de modifier ou de reporter les conséquences, sous conditions. Dans certaines situations, une résidence convertie entièrement en bien productif de revenu peut continuer à être désignée comme résidence principale pour un maximum de quatre années supplémentaires, si toutes les exigences applicables sont satisfaites.
La location d’une pièce ou d’une portion de la maison n’entraîne pas systématiquement la perte de l’exemption sur cette partie. La nature accessoire de l’activité, les modifications structurelles et la réclamation d’amortissement doivent être prises en compte.
Ces distinctions sont présentées dans la page de l’ARC consacrée à la résidence principale, notamment pour les désignations, les changements d’utilisation et les propriétés partiellement louées.
Cette vérification doit porter sur toute la période de détention, et non uniquement sur l’utilisation du bâtiment au moment de la vente.
Quelles erreurs de calcul peuvent augmenter inutilement le gain déclaré à la vente ?
Les erreurs les plus fréquentes consistent à oublier des dépenses admissibles, à utiliser un prix de base rajusté incomplet ou à confondre le solde hypothécaire avec une charge fiscalement déductible. Un gain surdéclaré peut entraîner un impôt inutilement élevé, alors qu’une mauvaise classification de certaines sommes peut fausser toute l’estimation.
Un propriétaire qui conserve seulement son prix d’achat initial risque d’oublier les frais d’acquisition admissibles et les améliorations en capital réalisées au fil du temps. Certaines commissions, dépenses juridiques et autres frais directement rattachés à la disposition peuvent également être omis.
Inversement, ajouter indistinctement toutes les dépenses d’entretien au PBR serait incorrect. Le calcul doit distinguer les dépenses en capital des frais courants, et éviter de déduire deux fois un montant déjà traité fiscalement ailleurs.
La confusion entre trois montants peut avoir des conséquences importantes : le prix de vente brut, le produit de disposition diminué des dépenses admissibles et les liquidités reçues après remboursement des dettes. Aucun de ces montants ne peut être substitué automatiquement aux autres.
Les meubles vendus séparément, les indemnités et les autres éléments négociés dans une transaction immobilière doivent être analysés selon leur nature réelle. Leur traitement ne peut pas être déterminé par une simple modification des montants inscrits dans le contrat.
Checklist de vérification avant de transmettre le calcul au comptable
- Rapprocher le prix de vente avec la promesse d’achat et les documents de clôture : produire une fiche indiquant le produit de disposition retenu.
- Reconstituer le coût d’acquisition et les frais admissibles : produire un tableau du prix de base rajusté avec les justificatifs correspondants.
- Classer chaque rénovation majeure et dépense d’entretien : produire deux listes distinctes, en signalant les éléments à valider.
- Rassembler les commissions, honoraires et frais de disposition : produire un état des dépenses admissibles avec leurs factures.
- Comparer le gain calculé, le revenu imposable estimé et l’encaissement après remboursement hypothécaire : produire trois montants séparés et une liste des hypothèses fiscales restantes.
Une déclaration déjà produite peut faire l’objet d’une demande de modification auprès de l’administration fiscale, selon les délais et les conditions applicables. Il demeure préférable de corriger les chiffres avant la production plutôt que de demander ultérieurement une révision.
Il faut également vérifier que l’opération constitue réellement une disposition de bien en capital. Dans certaines circonstances, notamment lorsqu’un bien résidentiel est revendu rapidement, le produit peut relever du revenu d’entreprise ou des règles sur les reventes précipitées plutôt que du régime ordinaire des gains en capital.
Lorsque les documents sont incomplets, qu’une dépense demeure difficile à classer ou que l’opération comporte une situation fiscale particulière, un examen professionnel avant la transaction devient particulièrement utile.
Quand demander une analyse fiscale avant de vendre une propriété appréciée ?
Une analyse fiscale est particulièrement indiquée avant la mise en vente d’un immeuble ayant fortement pris de la valeur, subi des rénovations majeures ou changé d’utilisation. Elle devient aussi pertinente lorsque le propriétaire possède plusieurs résidences, a réclamé de l’amortissement ou risque de voir son revenu imposable augmenter sensiblement.
Le moment le plus utile se situe avant d’accepter une offre d’achat engageante. Certaines options, certains choix fiscaux et certaines modalités de transaction ne peuvent plus être réorganisés librement une fois la vente conclue.
L’analyse commence par la reconstitution du prix de base rajusté, la vérification de l’exemption pour résidence principale et l’examen des revenus locatifs ou de l’amortissement réclamé. Elle doit aussi préciser l’année d’imposition de la disposition, les frais de vente prévisibles et les autres revenus du contribuable.
Une simulation personnalisée peut ensuite faire apparaître des conséquences indirectes : progression dans les tranches d’imposition, modification de crédits ou de prestations fondés sur le revenu et obligations fiscales provinciales. Ces effets ne se résument pas à multiplier le gain par un taux unique.
Certaines transactions permettent d’examiner des dispositions fiscales particulières, notamment la possibilité d’une provision pour gain en capital lorsque les conditions sont réunies et qu’une partie du prix n’est pas immédiatement exigible. Une telle possibilité ne doit toutefois jamais être assimilée à un droit automatique d’étaler l’impôt sur une vente immobilière ordinaire.
Les intervenants n’ont pas tous le même rôle. Le comptable peut reconstituer le coût fiscal, effectuer les calculs et préparer les déclarations. Le fiscaliste intervient notamment lorsque les changements d’utilisation, les transferts ou les choix fiscaux présentent une complexité élevée. Le planificateur financier peut intégrer l’impôt estimé dans les décisions de liquidités, de retraite ou de transmission patrimoniale.
Pour faciliter la consultation, le propriétaire devrait transmettre l’historique du bien, les pièces justificatives, les détails de financement, une estimation du prix de vente et les informations pertinentes sur ses autres revenus et propriétés.
L’objectif est de prendre une décision immobilière à partir du produit réellement disponible après impôt, tout en respectant les règles applicables à la transaction envisagée.
Comment préparer les renseignements nécessaires avant de déclarer la vente d’une résidence principale ?
Pour déclarer la vente d’une résidence principale, il faut rassembler les dates d’acquisition et de disposition, les renseignements sur le bien, le produit de disposition et les années pendant lesquelles il pouvait être désigné comme résidence principale. Ces informations servent à remplir correctement les documents fiscaux, même lorsque le gain est entièrement exonéré.
Au fédéral, les obligations présentées par l’ARC pour l’année d’imposition 2025 comprennent notamment la déclaration de la vente à l’annexe 3 et la préparation du formulaire T2091(IND), selon les instructions applicables. L’exemption n’est pas accordée simplement parce que le propriétaire estime que sa maison était sa résidence principale.
Le dossier transmis au préparateur devrait préciser l’adresse du bien, les dates pertinentes, les prix d’acquisition et de vente, les dépenses admissibles, ainsi que les périodes d’occupation personnelle et de location éventuelle.
La détention simultanée de deux propriétés exige un examen plus approfondi. En règle générale, une seule propriété par unité familiale peut être désignée comme résidence principale pour une année donnée, sous réserve des exceptions et règles transitoires applicables. Lorsque les périodes de propriété se chevauchent, il faut comparer les gains potentiels et les années admissibles avant d’attribuer les années de désignation.
Ce choix peut avoir des conséquences sur l’exemption disponible lors de la vente future de l’autre propriété. Un calcul optimisé ne repose donc pas uniquement sur la maison vendue aujourd’hui : il peut nécessiter une simulation couvrant l’ensemble des résidences concernées.
Les changements d’utilisation passés doivent également être signalés au préparateur, même lorsqu’aucun acte de vente n’a été signé à ce moment-là. Une conversion en propriété locative peut avoir créé une disposition réputée ou avoir fait l’objet d’un choix fiscal influençant les montants à déclarer.
Une omission de déclaration ou de désignation peut compromettre le traitement de l’exemption et entraîner des démarches de régularisation, voire des pénalités selon les circonstances. Si une vente a été oubliée, il faut examiner rapidement les possibilités de correction auprès de l’ARC et les conditions d’acceptation d’une désignation tardive.
Avant la transmission, le propriétaire devrait conserver une copie du dossier complet et du calcul des années désignées, particulièrement s’il possède encore un autre immeuble susceptible de bénéficier ultérieurement de l’exemption.
Une déclaration cohérente doit être fondée sur l’historique réel du bien et les instructions fiscales applicables à l’année concernée, plutôt que sur la seule absence présumée d’impôt à payer.
Transfert direct ou planification successorale : quelle approche examiner pour vos immeubles ?
Transférer un immeuble à un proche ne permet pas nécessairement d’éviter l’impôt sur le gain en capital. Selon le bénéficiaire et la nature de l’opération, le transfert peut être traité comme une disposition à la juste valeur marchande, même sans paiement. Les transferts entre conjoints et certaines situations successorales obéissent toutefois à des règles particulières.
Lorsqu’un propriétaire donne un immeuble à un enfant adulte, la transaction peut généralement produire une disposition réputée à la juste valeur marchande, même si aucun argent n’est encaissé. Un gain imposable peut ainsi apparaître sans que le donateur dispose des liquidités nécessaires pour régler l’impôt correspondant.
Le traitement fiscal d’un transfert à un époux ou à un conjoint de fait peut être différent. Certaines opérations admissibles bénéficient d’un mécanisme de roulement fiscal qui reporte la reconnaissance immédiate du gain. Des choix particuliers et des règles d’attribution peuvent néanmoins modifier les conséquences présentes ou futures.
Les explications de l’ARC sur les transferts d’immobilisations précisent notamment le fonctionnement des transferts admissibles entre conjoints et les conséquences fiscales de certains choix.
Au décès d’un particulier, les règles générales peuvent entraîner une disposition réputée des immobilisations à leur juste valeur marchande. Il existe toutefois des dispositions particulières, notamment pour certains transferts admissibles au conjoint ou à une fiducie en faveur du conjoint, ainsi que des règles propres à certaines catégories de biens.
Comparer la vente du vivant, le transfert immédiat et la transmission successorale suppose donc d’examiner les impôts potentiels, la situation familiale, les besoins financiers et les objectifs patrimoniaux. Aucun de ces choix n’est automatiquement plus avantageux.
Il faut aussi distinguer le changement de propriété au registre foncier de son traitement fiscal. Le fait qu’un transfert soit juridiquement enregistré ne signifie pas qu’il est exempté d’impôt. Selon la province, des droits de mutation, des obligations documentaires ou des exemptions particulières peuvent également s’appliquer.
Une planification efficace doit coordonner les considérations fiscales, juridiques et successorales, particulièrement lorsque plusieurs immeubles ou bénéficiaires sont concernés.
À retenir avant de finaliser votre projet immobilier
- Une estimation fédérale du gain ne suffit pas à établir l’impôt total : il faut tenir compte de la province de résidence fiscale et des autres revenus.
- Les taxes et droits liés à une transaction immobilière ne suivent pas nécessairement les mêmes règles que l’impôt sur les gains en capital.
- Avant une vente ou un transfert, il est essentiel de distinguer les obligations fiscales du vendeur de celles de l’acheteur et de vérifier les règles locales applicables.
Comment distinguer les règles provinciales et fédérales applicables à l’immobilier ?
Au Canada, l’imposition d’une vente immobilière combine des règles fédérales et provinciales. Le régime fédéral définit notamment le calcul des gains en capital, tandis que les provinces appliquent leurs propres règles d’impôt sur le revenu et encadrent divers droits de mutation ou frais immobiliers. Le traitement exact dépend de la province et de la situation du contribuable.
Pour un particulier résident canadien, le gain immobilier est généralement intégré au calcul du revenu imposable selon les règles fiscales applicables. L’impôt provincial dépend normalement de la province de résidence fiscale à la fin de l’année, sous réserve de situations particulières. L’emplacement géographique de l’immeuble ne détermine donc pas, à lui seul, la totalité de l’impôt sur le revenu du vendeur.
Le Québec possède sa propre administration fiscale provinciale et des mécanismes de déclaration distincts, tandis que d’autres provinces participent à des systèmes administrés par l’ARC pour l’impôt provincial des particuliers. Il reste nécessaire de consulter les exigences propres à la juridiction concernée.
Les droits de mutation immobilière, parfois appelés « taxe de bienvenue » au Québec, relèvent d’un autre registre. Ils sont généralement associés à l’acquisition ou au transfert d’un droit immobilier, et ne doivent pas être confondus avec l’impôt sur la plus-value réalisée par le vendeur.
Certains territoires ou provinces peuvent également appliquer des taxes ou obligations supplémentaires selon le type d’immeuble, la nature de la transaction ou le statut de résidence des parties. Ces mesures doivent être vérifiées directement auprès des autorités compétentes avant la signature.
Une grille de lecture permet de séparer les principaux sujets :
| Décision | Cadre fédéral à vérifier | Cadre provincial ou local à vérifier |
|---|---|---|
| Achat | Conséquences fiscales particulières, le cas échéant | Droits de mutation, taxes et règles d’acquisition |
| Location | Revenus locatifs, dépenses et amortissement | Impôt provincial, règles locatives et obligations locales |
| Vente | Gain en capital, exemption et déclaration | Impôt provincial, taxes et frais particuliers |
| Transfert familial | Disposition réputée, roulement ou règles successorales | Droits de mutation, formalités foncières et règles civiles |
Cette répartition évite notamment d’appliquer à tort un conseil valable dans une province à une transaction réalisée dans une autre. Elle permet aussi de distinguer les frais liés à l’acte immobilier des conséquences sur la déclaration de revenus.
Pour estimer le produit réellement conservé, le propriétaire doit finalement combiner le gain fiscal calculé, l’impôt fédéral et provincial estimé, les frais de vente, le remboursement des dettes et les éventuelles obligations particulières liées à la transaction.
Avant d’accepter une offre, préparez un état prévisionnel présentant séparément le prix de vente, les frais admissibles, le gain imposable estimé, l’impôt fédéral et provincial potentiel et les liquidités après remboursement hypothécaire. Faites vérifier les hypothèses par un professionnel lorsque la situation comporte une exemption partielle, un historique locatif ou plusieurs propriétés.
Faut-il payer l’impôt sur le gain en capital au moment de signer la vente ?
Pour un particulier résident canadien, le gain imposable est généralement pris en compte dans la déclaration de revenus de l’année de disposition. Les échéances habituelles de déclaration et de paiement s’appliquent, sous réserve des situations particulières. Il est prudent de réserver les fonds nécessaires dès la clôture. Les vendeurs non résidents peuvent être soumis à des procédures distinctes, notamment en matière de certificat de conformité et de retenues.
Une perte sur un immeuble peut-elle réduire l’impôt sur d’autres revenus ?
Une perte en capital admissible ne peut généralement pas être déduite librement d’un salaire ou de revenus d’emploi. Son utilisation suit les règles propres aux pertes en capital. De plus, une perte sur un bien à usage personnel n’est généralement pas déductible, sauf exceptions particulières. Il faut donc examiner la qualification du bien avant d’intégrer une perte à une prévision fiscale.
Que se passe-t-il si le vendeur ne retrouve plus ses factures de rénovation ?
Le vendeur peut tenter de reconstituer son dossier à partir de duplicatas, de factures électroniques, de contrats et de renseignements obtenus auprès des entrepreneurs. Une dépense non suffisamment justifiée risque toutefois d’être contestée. Une estimation approximative ne devrait pas être inscrite automatiquement au prix de base rajusté sans fondement documentaire approprié.
Le remboursement de l’hypothèque diminue-t-il le gain en capital imposable ?
Non. Le remboursement du capital hypothécaire réduit les liquidités disponibles après la transaction, mais ne diminue généralement pas le gain en capital calculé. Il faut distinguer la dette remboursée des dépenses de disposition fiscalement admissibles. Des frais particuliers liés au financement ou à sa résiliation doivent être examinés séparément selon leur nature et leur traitement fiscal.