Choisir un taux hypothécaire fixe permet de connaître à l’avance le taux d’intérêt applicable et les paiements prévus pendant un terme défini. Au Canada, cette stabilité peut faciliter la gestion du budget familial, particulièrement lorsque les revenus sont réguliers, les dépenses importantes ou la capacité à absorber une hausse des intérêts limitée.
Cette tranquillité comporte toutefois des contreparties. Un taux fixe peut être supérieur au taux variable proposé au même moment, sans que cet écart soit systématique. Il peut aussi entraîner des pénalités importantes si le propriétaire vend sa maison, refinance son prêt ou résilie son contrat avant l’échéance.
Le bon choix dépend donc de trois éléments : la marge disponible chaque mois, la durée probable de conservation du financement et le coût total des différentes offres. Il faut également distinguer le terme hypothécaire, pendant lequel le taux est garanti, de la période d’amortissement, sur laquelle le remboursement complet est prévu.
Taux fixe au Canada : les décisions essentielles
- Un taux fixe convient lorsque la prévisibilité des paiements compte davantage que la possibilité de profiter d’une baisse des taux.
- Comparer uniquement les mensualités initiales ne suffit pas : le capital restant, les pénalités et les conditions de remboursement modifient le coût global.
- La durée du terme doit correspondre aux projets immobiliers, avec une marge de sécurité pour le renouvellement.
- Pourquoi payer un taux fixe plus élevé peut-il apporter une sécurité utile ?
- Comment calculer ce qu’un taux fixe apporte réellement à votre planification financière ?
- Taux fixe ou autre formule : quelle solution convient à un budget serré ?
- Quel risque présente un taux fixe si vous devez vendre ou refinancer plus tôt que prévu ?
- Quand commencer à comparer les options avant le renouvellement d’une hypothèque fixe ?
- Comment simuler une hausse de taux avant de choisir le montant de son emprunt ?
- Taux variable ou fixe : lequel correspond à votre tolérance aux fluctuations ?
- Comment obtenir un prêt hypothécaire adapté à un achat immobilier au Canada ?
Pourquoi payer un taux fixe plus élevé peut-il apporter une sécurité utile ?
Payer un taux fixe plus élevé peut être judicieux lorsque la stabilité financière vaut davantage que l’économie immédiate offerte par un taux variable. L’écart représente alors une forme de prime de protection budgétaire : l’emprunteur accepte éventuellement un coût initial supérieur pour éviter l’incertitude des fluctuations de taux pendant son terme hypothécaire.
Au Canada, un prêt hypothécaire à taux fixe conserve le même taux d’intérêt pendant toute la durée contractuelle du terme. Lorsque les modalités de remboursement demeurent inchangées, les versements prévus restent également constants. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada explique les différences entre les formules hypothécaires, notamment les mécanismes particuliers des prêts variables à paiement fixe.
La sécurité recherchée ne concerne pas seulement le montant prélevé chaque mois. Un taux connu permet également de prévoir la répartition entre intérêts et remboursement du capital selon l’échéancier contractuel. À versements et conditions identiques, le propriétaire peut ainsi estimer plus précisément le solde de son hypothèque à l’échéance du terme.
Cette prévisibilité facilite la coordination d’autres engagements :
- Maintenir des cotisations régulières dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REER).
- Planifier les dépenses liées aux études des enfants.
- Constituer une réserve pour les réparations et l’entretien de la propriété.
- Préserver une marge mensuelle pour les autres obligations financières du ménage.
La notion de prime de stabilité aide à raisonner : si deux offres comparables présentent des taux différents, le supplément de paiement associé au fixe constitue le prix initial de la prévisibilité. Ce supplément n’est toutefois pas nécessairement le coût final de la décision, puisque les taux variables peuvent évoluer et modifier le capital remboursé.
La durée de détention constitue une autre limite. Un emprunteur qui conserve son financement jusqu’au terme profite de la stabilité contractuelle prévue. En revanche, une vente ou un refinancement anticipé peut transformer une protection confortable en engagement coûteux. Il faut donc évaluer la probabilité de rester dans la propriété pendant le terme, sans supposer qu’elle sera conservée indéfiniment.
Un taux fixe n’est pas automatiquement le financement le moins cher. Il constitue surtout un moyen de réduire l’incertitude pendant une période déterminée, à condition que son coût demeure compatible avec le budget et les projets du propriétaire.
Comment calculer ce qu’un taux fixe apporte réellement à votre planification financière ?
Pour mesurer l’intérêt financier d’un taux fixe, comparez les versements, le total des intérêts et le capital restant à l’échéance avec ceux d’une formule variable. Ajoutez plusieurs scénarios de fluctuation des taux et vérifiez le poids des paiements dans votre revenu. Cette méthode permet d’évaluer le prix de la stabilité sans prédire l’évolution du marché.
Commencez avec deux offres applicables au même montant emprunté, à une période d’amortissement identique et à une fréquence de paiement comparable. Calculez le paiement initial de chacune, puis multipliez leur différence mensuelle par le nombre de mois du terme. Le résultat représente un écart cumulé de trésorerie initial théorique, pas une économie garantie ni la différence totale des coûts hypothécaires.
Exemple hypothétique : estimer le prix de la stabilité
Supposons que deux offres comparables produisent initialement des paiements mensuels de 1 800 $ à taux fixe et de 1 700 $ à taux variable. La différence est de 100 $ par mois, soit 6 000 $ sur 60 mois si cet écart restait constant.
Cette somme pourrait théoriquement être mise de côté dans une épargne distincte si l’emprunteur retenait la formule variable. Mais cette projection ignore les variations de taux, les intérêts gagnés sur l’épargne, les différences de capital remboursé et les modalités contractuelles. Elle sert uniquement à visualiser la marge initialement disponible.
Le deuxième calcul consiste à projeter le capital restant à la fin du terme. Deux emprunteurs ayant versé des montants proches peuvent présenter des soldes différents si la répartition entre intérêts et capital a évolué. Il est donc préférable d’utiliser un calculateur d’amortissement adapté au marché canadien plutôt que de retenir uniquement le total des versements.
Pour compléter cette comparaison, construisez trois trajectoires purement hypothétiques : un taux variable stable, un taux augmentant modérément et un taux augmentant fortement. Recalculez les versements ou la durée d’amortissement selon le type de produit. Le point d’équilibre apparaît lorsque le coût cumulé des scénarios variables rejoint celui du financement fixe, en tenant compte du solde restant.
Enfin, examinez la part du revenu brut absorbée par le logement. Le coefficient d’amortissement brut de la dette (ABD) inclut notamment les versements hypothécaires, les taxes foncières, le chauffage et la portion applicable des frais de copropriété. L’ACFC présente un repère de 39 % pour l’ABD et de 44 % pour le coefficient d’amortissement total de la dette (ATD). Ces seuils concernent l’admissibilité et ne garantissent pas qu’un ménage dispose d’un budget confortable.
La meilleure projection est celle qui laisse une place réaliste aux imprévus. Un taux fixe favorable sur papier peut être trop contraignant si son paiement réduit excessivement l’épargne disponible.
Taux fixe ou autre formule : quelle solution convient à un budget serré ?
Avec un budget serré, le taux fixe est pertinent si son paiement demeure supportable tout en protégeant contre les hausses d’intérêts pendant le terme. Mais il ne faut pas sacrifier toute marge de sécurité pour obtenir cette stabilité. Un terme fixe plus court ou certaines formules variables peuvent être envisagés selon leur fonctionnement et les conditions du prêteur.
La distinction essentielle concerne le paiement abordable et le paiement réellement sécuritaire. Un versement peut entrer dans le budget actuel sans laisser suffisamment de ressources pour les dépenses exceptionnelles. La stabilité d’un taux fixe ne protège pas contre une perte de revenu, une hausse des taxes foncières ou une réparation importante.
Avant de retenir une offre, il est utile de vérifier trois éléments :
- La marge mensuelle réelle : le budget reste-t-il positif après les dépenses courantes et une provision pour les imprévus ?
- La capacité d’absorption : une hausse des paiements variables rendrait-elle nécessaire de réduire des dépenses essentielles ?
- La souplesse du contrat : quelles possibilités existent pour ajuster les remboursements, changer de formule ou rembourser plus rapidement ?
Le choix du terme mérite autant d’attention que celui du taux. Un terme fixe court peut limiter la durée de l’engagement, mais entraîne un renouvellement plus rapproché et donc une exposition plus précoce aux conditions futures du marché. Un terme plus long protège le taux plus longtemps, mais peut réduire la souplesse en cas de changement de situation.
Certaines hypothèques variables conservent un paiement régulier même lorsque le taux change. Cette apparente stabilité peut toutefois masquer un ralentissement du remboursement du capital. D’autres produits ajustent directement les paiements. Un éventuel plafond ou mécanisme de conversion ne doit jamais être supposé : il faut en vérifier l’existence dans le contrat.
Des possibilités d’adaptation peuvent être examinées lorsqu’un ménage rencontre des difficultés : modification de l’amortissement avec l’accord du prêteur, ajustement des modalités ou dispositifs d’aide applicables à l’accession. Le régime d’accession à la propriété (RAP), par exemple, concerne l’utilisation admissible de sommes provenant d’un REER pour l’achat d’une habitation ; ce n’est pas une protection générale contre les hausses de paiements. Allonger l’amortissement peut réduire un versement, mais augmente généralement les intérêts payés au total.
Si aucune offre ne laisse suffisamment d’argent disponible après les dépenses essentielles, revoir le montant emprunté constitue souvent une décision plus prudente que rechercher uniquement un paiement initial inférieur.
Quel risque présente un taux fixe si vous devez vendre ou refinancer plus tôt que prévu ?
Le principal risque d’un taux hypothécaire fixe est le coût d’une résiliation avant la fin du terme. Au Canada, une hypothèque fermée à taux fixe peut entraîner une pénalité calculée notamment selon trois mois d’intérêts ou le différentiel de taux d’intérêt. Selon le contrat, cette pénalité peut dépasser largement le coût attendu d’un remboursement anticipé.
Le différentiel de taux d’intérêt, souvent désigné par l’abréviation anglaise IRD, prend en compte une comparaison entre le taux contractuel et un taux déterminé selon la méthode du prêteur, ainsi que le solde et la durée restante. Des taux plus faibles au moment de la sortie peuvent accroître cette pénalité, mais les modalités exactes varient d’un établissement à l’autre.
L’ACFC détaille le fonctionnement des pénalités de remboursement anticipé et présente un exemple pédagogique particulièrement parlant.
12 000 $
Pénalité obtenue dans l’exemple hypothétique de l’ACFC, avec un solde de 200 000 $, un taux contractuel de 6 %, un taux de comparaison de 4 % et 36 mois restants. Le calcul simplifié donne 3 000 $ pour trois mois d’intérêts, contre 12 000 $ pour le différentiel. Il ne s’agit pas d’une moyenne observée ni d’une estimation applicable à tous les contrats.
Exemple pédagogique de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
Les hypothèques variables fermées sont souvent associées à une pénalité correspondant à trois mois d’intérêts, mais cette règle doit être confirmée dans les conditions contractuelles. Les hypothèques ouvertes présentent généralement une plus grande liberté de remboursement anticipé, en contrepartie de caractéristiques tarifaires potentiellement différentes.
Un projet de vente ou de changement de maison ne conduit pas nécessairement à résilier immédiatement le prêt. Certains prêteurs permettent de transférer l’hypothèque vers une nouvelle propriété : c’est la portabilité. D’autres proposent des mécanismes de combinaison de l’ancien taux et du nouveau financement, parfois appelés « blend and extend ». Leur disponibilité dépend du prêteur, des conditions de crédit, du montant demandé et du contrat.
Un refinancement destiné à financer des rénovations ou à utiliser la valeur nette accumulée dans la propriété doit également intégrer la pénalité éventuelle. Une opération qui semble intéressante grâce à un nouveau taux peut perdre son avantage lorsque les frais de sortie et les autres coûts sont ajoutés.
Vérifier les risques avant de signer une hypothèque fixe
- Notez la date prévue de fin du terme dans votre calendrier financier : obtenez un horizon d’engagement clairement identifié.
- Recensez les projets susceptibles de provoquer une vente ou un refinancement : établissez une liste des sorties anticipées plausibles.
- Demandez au prêteur la méthode de calcul des pénalités et des exemples chiffrés écrits : conservez une estimation pour différents moments de sortie.
- Vérifiez les conditions de portabilité, de remboursement additionnel et de modification du prêt : rassemblez les clauses pertinentes du contrat.
- Comparez les pénalités et les frais éventuels de plusieurs offres : produisez un tableau des coûts en cas de remboursement anticipé.
Un taux fixe protège contre certaines fluctuations financières, mais peut limiter la liberté de modifier le financement. Plus les projets personnels sont incertains, plus les modalités de sortie doivent peser dans la décision.
Quand commencer à comparer les options avant le renouvellement d’une hypothèque fixe ?
Il est prudent de commencer à comparer les options environ quatre à six mois avant l’échéance d’une hypothèque fixe. Cette période constitue une recommandation de planification, non une fenêtre réglementaire universelle. Elle permet d’examiner les offres, de négocier avec le prêteur actuel et de vérifier les conditions de transfert sans subir la pression des derniers jours.
Au Canada, les institutions financières visées par les règles fédérales doivent transmettre un avis de renouvellement au moins 21 jours avant la fin du terme. Attendre cet avis pour examiner le marché laisse toutefois peu de temps pour comparer les caractéristiques des contrats, demander des soumissions et réunir les documents exigés par un autre prêteur.
Le renouvellement offre l’occasion de revoir les besoins financiers : montant restant, période d’amortissement, fréquence des paiements et tolérance aux fluctuations des taux. Il n’est pas obligatoire de conserver le prêteur initial. Une banque concurrente, une caisse populaire, un prêteur spécialisé ou un courtier peut présenter une autre proposition, sous réserve d’admissibilité.
Certaines institutions permettent de réserver un taux à l’avance ou proposent un renouvellement anticipé. Une période de 120 jours peut être rencontrée dans certaines offres, mais elle ne doit pas être considérée comme acquise. Les dates, les conditions de réservation et les conséquences d’une acceptation anticipée doivent être confirmées auprès de l’établissement.
La comparaison doit porter sur les conditions complètes, notamment :
- Le taux proposé et la durée du nouveau terme.
- Le paiement prévu et le capital restant à la prochaine échéance.
- Les privilèges de remboursement additionnel et les pénalités.
- Les frais de quittance, de transfert, d’enregistrement, d’évaluation ou les frais juridiques applicables.
- La possibilité de modifier l’amortissement et ses conséquences financières.
La solvabilité demeure importante lors d’un changement de prêteur. Les exigences peuvent différer selon le type de transfert et le cadre réglementaire applicable. Examiner tôt son dossier de crédit, les dettes existantes et les justificatifs de revenu permet de préparer les démarches, sans garantir l’acceptation d’une nouvelle demande.
Les recommandations de l’ACFC pour renouveler une hypothèque rappellent également qu’un nouveau prêteur peut prendre en charge certains frais de transfert. Cette possibilité doit être confirmée dans l’offre écrite.
Le renouvellement ne consiste pas simplement à accepter un nouveau pourcentage. C’est aussi le moment de vérifier si l’hypothèque choisie correspond toujours aux revenus, aux projets et à la capacité de remboursement du ménage.
Comment simuler une hausse de taux avant de choisir le montant de son emprunt ?
Pour simuler une hausse de taux, calculez d’abord le paiement hypothécaire au taux envisagé, puis recommencez avec un taux majoré de plusieurs points de pourcentage. Comparez ensuite le nouveau paiement à votre budget réellement disponible. Même avec un taux fixe, cet exercice prépare le renouvellement, lorsque les conditions d’intérêt pourront être différentes.
La simulation peut suivre trois étapes simples. Premièrement, déterminer le montant emprunté et l’amortissement envisagé. Deuxièmement, calculer les paiements pour plusieurs taux hypothétiques, en conservant les autres paramètres comparables. Troisièmement, examiner l’effet de chaque résultat sur l’épargne d’urgence et les autres dépenses essentielles.
Le test de résistance hypothécaire utilisé au Canada constitue un point de repère. Pour les opérations auxquelles cette règle s’applique, les banques doivent généralement déterminer l’admissibilité en utilisant le plus élevé entre un taux de 5,25 % et le taux contractuel majoré de deux points de pourcentage. Il s’agit d’un test d’admissibilité et non d’une prévision des taux futurs.
+2 points de pourcentage
Majoration du taux contractuel utilisée dans le test de résistance hypothécaire décrit par l’ACFC, avec comparaison au seuil de référence de 5,25 %. L’application dépend du type d’opération et des règles d’admissibilité pertinentes.
Agence de la consommation en matière financière du Canada, critères de préparation à une hypothèque.
Le montant maximal auquel un ménage peut être admissible ne correspond pas nécessairement à son budget personnel idéal. Les dépenses de transport, de garde d’enfants, d’entretien, d’épargne-retraite ou de soutien familial peuvent rendre un paiement difficile à soutenir même lorsque les critères du prêteur sont respectés.
Dans une hypothèque variable à paiement fixe, la hausse du taux peut aussi provoquer un effet moins visible : une plus grande partie du versement sert aux intérêts et une plus faible partie au capital. Selon le contrat, l’amortissement peut alors s’allonger ou nécessiter un ajustement. La simulation doit donc intégrer non seulement le paiement, mais également le solde projeté.
Un scénario de hausse ne garantit pas que les taux augmenteront. Il indique simplement si le financement demeure compatible avec vos finances lorsque les conditions deviennent moins favorables.
Taux variable ou fixe : lequel correspond à votre tolérance aux fluctuations ?
Le taux fixe convient généralement à l’emprunteur qui recherche des paiements prévisibles et dispose de peu de marge pour absorber des variations. Le taux variable peut convenir à une personne financièrement plus flexible, consciente des risques et capable de supporter une hausse des intérêts. La décision doit reposer sur des réactions budgétaires concrètes plutôt que sur une préférence abstraite pour le risque.
Pour évaluer votre tolérance, imaginez qu’une hausse des taux entraîne plusieurs centaines de dollars de dépenses supplémentaires chaque mois, selon les modalités de votre prêt. Seriez-vous capable de poursuivre vos cotisations d’épargne et de régler vos factures sans emprunter davantage ? Votre revenu est-il stable ? Disposez-vous d’une réserve couvrant plusieurs mois de dépenses essentielles ?
Il faut aussi distinguer deux risques. Dans certaines hypothèques variables, les paiements augmentent ou diminuent avec les taux. Dans d’autres, le montant payé demeure fixe, mais la répartition entre intérêts et capital change. Cette deuxième formule peut donner une impression de sécurité alors que le remboursement du prêt ralentit. Le mécanisme exact dépend du produit proposé.
Les différences entre les formules peuvent se résumer ainsi :
| Critère | Taux fixe | Taux variable |
|---|---|---|
| Taux pendant le terme | Connu et constant | Évolue selon les conditions du produit |
| Paiement périodique | Prévisible selon le contrat | Fixe ou ajustable selon la formule |
| Réaction à une baisse des taux | Pas de réduction automatique du taux contractuel | Peut bénéficier de la baisse selon les modalités |
| Réaction à une hausse des taux | Taux contractuel protégé jusqu’à l’échéance | Coût des intérêts susceptible d’augmenter |
| Remboursement anticipé | Pénalités parfois importantes | Conditions variables selon le contrat |
| Profil à examiner | Priorité à la prévisibilité | Capacité à gérer l’incertitude |
La souplesse de remboursement peut aussi influencer le choix. Certaines formules variables fermées prévoient une pénalité limitée à trois mois d’intérêts, alors qu’un prêt fixe peut exposer au différentiel de taux. Toutefois, la pénalité réelle dépend des clauses contractuelles : une comparaison ne doit jamais reposer sur une règle supposée universelle.
Les hypothèques hybrides combinent parfois différentes portions à taux fixe et variable. Certains contrats variables sont également convertibles vers un fixe. Ces possibilités méritent d’être étudiées lorsqu’un emprunteur veut limiter une partie du risque tout en conservant une certaine souplesse. La conversion peut toutefois s’effectuer au taux offert au moment du changement, sans garantie de retrouver les conditions initiales.
La tolérance au risque peut évoluer au fil des années. Une formule adaptée à un ménage disposant d’une réserve confortable ne sera pas nécessairement appropriée après une réduction de revenu ou une augmentation des dépenses familiales.
À retenir avant de demander un financement
- Définissez un paiement maximal confortable avant de rechercher une préautorisation hypothécaire.
- Réservez une partie des liquidités pour les frais de clôture et les dépenses imprévues après l’achat.
- Comparez les conditions du prêt et les possibilités de sortie, pas uniquement le taux et le montant approuvé.
Comment obtenir un prêt hypothécaire adapté à un achat immobilier au Canada ?
Pour obtenir une hypothèque adaptée à un achat immobilier au Canada, commencez par définir un budget réaliste, puis demandez une préautorisation auprès d’un prêteur ou d’un courtier. Comparez les taux, les termes, les pénalités et les conditions de remboursement. Vérifiez ensuite la mise de fonds, les coûts de clôture et les conditions finales liées à la propriété.
Une préautorisation aide à estimer le financement envisageable et à préciser les critères du prêteur. Elle ne garantit pas l’approbation définitive : le dossier de crédit, les revenus, la situation financière et les caractéristiques du bien doivent encore satisfaire aux exigences applicables.
La constitution du dossier passe généralement par des justificatifs de revenu, des renseignements sur les dettes, une preuve de mise de fonds et les documents d’identification demandés. Selon la propriété et les conditions de l’offre, le prêteur peut également exiger une évaluation immobilière ou certains documents supplémentaires. L’inspection du bâtiment demeure une démarche distincte à envisager dans le processus d’achat.
La mise de fonds influence directement le montant emprunté et le coût du financement. Au Canada, lorsqu’elle représente moins de 20 % du prix d’achat, une assurance prêt hypothécaire est généralement exigée pour les prêts admissibles concernés, sous réserve des règles applicables. Cette assurance protège le prêteur et non l’emprunteur contre ses propres difficultés financières. Sa prime, ainsi que les taxes applicables selon la province, doit être intégrée au budget.
Les sources de financement comprennent notamment les grandes banques, les caisses populaires, les prêteurs spécialisés et les établissements accessibles par l’intermédiaire d’un courtier. Chaque proposition mérite une comparaison détaillée. Pour un taux fixe, les pénalités de sortie, les privilèges de remboursement additionnel et la portabilité peuvent être aussi importants que quelques différences de taux.
Il faut également prévoir les coûts de clôture : services juridiques ou notariaux, inspection, évaluation éventuelle, droits de mutation et assurance habitation. Les montants, taxes, exemptions et crédits destinés à certains acheteurs peuvent varier selon la province, la municipalité et la situation personnelle.
Enfin, un financement doit rester soutenable après l’achat. Les frais de copropriété, les taxes foncières, le chauffage, l’entretien et les réparations peuvent modifier sensiblement les dépenses mensuelles. Une préautorisation élevée ne constitue donc pas une invitation à utiliser toute la capacité d’emprunt disponible.
La prochaine étape consiste à préparer votre budget complet, à réunir les documents financiers nécessaires et à solliciter plusieurs propositions écrites. Comparez leur coût global, leurs conditions et leur compatibilité avec votre horizon d’achat avant de vous engager.
Un taux hypothécaire fixe protège-t-il contre toutes les hausses de dépenses ?
Non. Le taux d’intérêt contractuel est stable pendant le terme, et les paiements prévus demeurent constants selon les modalités du prêt. Toutefois, les taxes foncières, les frais d’assurance, les dépenses d’entretien ou les frais de copropriété peuvent évoluer. Le taux pourra également changer au renouvellement.
Peut-on profiter d’une baisse des taux lorsqu’on possède déjà une hypothèque fixe ?
Le taux d’un prêt fixe ne diminue pas automatiquement avec le marché. Pour obtenir de nouvelles conditions avant la fin du terme, il peut être nécessaire de modifier ou de résilier le contrat, avec des frais éventuels. Une baisse des taux ne garantit donc pas qu’un refinancement soit financièrement avantageux.
Faut-il systématiquement choisir un terme fixe de cinq ans ?
Non. Un terme de cinq ans fait partie des options proposées sur le marché canadien, mais sa pertinence dépend du projet immobilier, des taux disponibles et des conditions du contrat. Un terme plus court peut convenir à certains projets incertains, tandis qu’un terme plus long offre une stabilité prolongée sans éliminer les risques de pénalités.
Peut-on rembourser plus rapidement une hypothèque à taux fixe sans pénalité ?
Certains contrats permettent des remboursements supplémentaires dans des limites précises, appelées privilèges de remboursement anticipé. Dépasser ces limites peut déclencher des frais, notamment sur une hypothèque fermée. Les montants autorisés, les fréquences et les modalités doivent être vérifiés directement auprès du prêteur.
Le taux fixe garantit-il que le capital sera entièrement remboursé à la fin du terme ?
Non. Au Canada, le terme hypothécaire et la période d’amortissement sont deux notions différentes. Un terme fixe peut prendre fin alors qu’une part importante du capital demeure à rembourser. Le propriétaire doit alors renouveler son financement ou régler le solde selon les conditions prévues.